Visages de la Recherche | Clémentine Payo, chargée de mission Transition Environnementale

Depuis août 2025, la Délégation Centre-Est du CNRS a accueilli une nouvelle recrue : Clémentine Payo, chargée de mission transition environnementale. Sa mission ? Accompagner la délégation, ses agents et les laboratoires dans leurs démarches vers une organisation plus durable, économe en ressources et respectueuse de l’environnement. Nous lui avons donné la parole pour qu’elle nous parle de son parcours, de ses premières actions et de sa vision pour les mois à venir.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?

 

J’ai toujours eu un attrait fort pour la science et, très tôt, j’ai su que je voulais exercer un métier en lien avec les sciences, mais qui avait aussi du sens pour moi-même.

J’ai donc suivi un master en Biodiversité, Santé, Environnement, avec une spécialisation sur l’impact des polluants sur les écosystèmes, la santé et les métabolismes. Durant mon stage, j’ai travaillé sur les tiques et les maladies à tiques dans les Ardennes, et c’est à ce moment-là que j’ai découvert à quel point le volet « sensibilisation » me plaisait — le fait de vulgariser, d’échanger avec le public, de rendre les connaissances accessibles. J’ai compris que je voulais un métier tourné vers l’humain, la pédagogie et l’action, plutôt qu’un travail purement de laboratoire.

Par la suite, j’ai eu la chance de travailler sur la formation à la transition écologique des hauts fonctionnaires de l’État pour la délégation Paris-Normandie du CNRS. Je coordonnais la formation dans le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et une partie d’Auvergne-Rhône-Alpes. Cette mission m’a permis de collaborer avec de nombreux scientifiques, et de me plonger dans les grands enjeux du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité et de l’épuisement des ressources naturelles.

Cette expérience, très riche humainement et intellectuellement, m’a donné envie d’aller plus loin : de passer de la sensibilisation à l’action, et d’accompagner concrètement les structures dans leur transformation écologique.

C’est ce qui m’a conduite à rejoindre la délégation Centre-Est du CNRS, avec une nouvelle mission, avec l’envie de mettre mon énergie au service de la transition écologique au sein d’un acteur scientifique majeur et de continuer à faire le lien entre connaissance, action et engagement collectif.

 

Votre poste de chargée de mission transition environnementale est tout récent à la délégation Centre-Est, comment décririez-vous vos principales missions et les grands axes de votre travail au quotidien ?

 

Mon objectif central est d’accompagner le CNRS Centre-Est dans sa transition écologique, en veillant à ce que cette dynamique soit à la fois cohérente, concrète et collective. 

Cela passe par plusieurs axes :

  • L’accompagnement des laboratoires et des services, sur des thématiques très variées comme la gestion de l’énergie, la mobilité, les achats ou encore les déchets. Mon rôle est de faire le lien entre la stratégie nationale du CNRS et la réalité du terrain, pour que les ambitions se traduisent en actions adaptées et efficaces.
  • L’animation du réseau des référents développement durable des laboratoires, mais aussi le lien avec le réseau national. L’objectif est de favoriser le partage d’expériences, mutualiser les outils et impulser une dynamique collective autour de la transition.
  • Enfin, un axe essentiel pour moi : la sensibilisation et la communication autour de ces enjeux environnementaux. Pour initier un changement durable, il faut que chacun comprenne le sens des actions engagées et se sente acteur. J’interviens donc aussi sur la vulgarisation, la pédagogie et la mobilisation collective, qui sont au cœur de la réussite de cette transformation.

Ce que j’aime particulièrement dans cette mission, c’est qu’elle allie stratégie, accompagnement et animation humaine, trois leviers indispensables pour faire vivre la transition au quotidien

 

Depuis votre arrivée en août 2025, quelles sont les premières actions que vous avez déjà mises en place ou accompagnées ?

 

Depuis mon arrivée, j’ai eu l’occasion d’accompagner plusieurs actions concrètes en faveur de la transition écologique au sein des bâtiments du CNRS Centre-Est : 

  • La mise en place des îlots de tri et la sensibilisation au tri des déchets, en lien avec la Métropole du Grand Nancy, afin d’améliorer la gestion des déchets et de favoriser les bons gestes au quotidien.
  • Le déploiement de vélos à assistance électrique dans le cadre du plan de déplacements de déplacement inter-entreprises (PDIE), permettant aux agents de les tester pour leurs trajets domicile-travail ou intersites. L’objectif est d’encourager une mobilité plus durable et de donner envie de changer ses habitudes.
  • L’accompagnement et la communication autour de la « Semaine de la pesée » :  un projet de sensibilisation qui a pour but de mutualiser sur les résultats en terme de gaspillage alimentaire et d’inscrire des actions sur la durée.
  • La création et la diffusion d’un questionnaire à destination des laboratoires, élaboré conjointement avec les universités, pour dresser un état des lieux des pratiques et recueillir leurs attentes en matière de transition écologique.

Ces premières actions visent à mobiliser l’ensemble des agents et à poser les bases d’une dynamique collective autour des enjeux environnementaux de la délégation et donc du CNRS. 

 

Ces démarches impliquent souvent de travailler avec de nombreux acteurs différents.

 

Ces démarches reposent en effet sur une forte coopération entre de nombreux acteurs, à la fois internes et externes au CNRS.

Je travaille en lien étroit avec les universités du territoire, notamment avec les vice-présidents et vice-présidentes développement durable, au sein de groupes de travail communs. Cette collaboration permet d’aligner nos actions et de partager nos réflexions sur les grandes priorités en matière de transition écologique.

Au sein même de la délégation Centre-Est, je souhaite mettre en place un groupe de travail interne dédié à ces sujets, afin de réfléchir collectivement aux actions à conduire, de prioriser les chantiers et de faire émerger des propositions portées par et pour les équipes sur le terrain.

Je m’appuie également sur le réseau des référents développement durable, avec l’objectif de créer un espace d’échange régulier pour identifier les freins, valoriser les réussites et mutualiser les bonnes pratiques.

Plusieurs partenariats extérieurs se développent, notamment avec la Métropole du Grand Nancy, autour de la sensibilisation au tri des déchets, ou encore avec le PDIE du technopôle de Nancy-Brabois (NB-Tech), pour promouvoir des solutions de mobilité plus durables.

L’idée, à chaque fois, est de favoriser le dialogue et la co-construction : la transition écologique ne peut avancer que collectivement, en créant des ponts entre les acteurs et en s’appuyant sur les dynamiques déjà existantes.

 

Qu’est-ce qui vous motive le plus dans cette mission et quel message aimeriez-vous faire passer à vos collègues pour embarquer tout le monde dans cette dynamique environnementale ?

 

Ce qui me motive le plus dans cette mission, c’est de sentir que chaque action, même modeste, contribue à un mouvement collectif plus large.

La transition écologique est un défi immense, mais c’est aussi une formidable opportunité de repenser nos façons de travailler, de collaborer et de donner du sens à ce qu’on fait au quotidien. C’est également un moyen d’agir contre l’éco-anxiété. 

J’apprécie faire le lien entre les personnes, les idées et les initiatives, pour montrer que chacun peut agir à son échelle et que, mis bout à bout, ces gestes ont un véritable impact.

Le message que j’aimerais faire passer à mes collègues, c’est que la transition écologique se construit ensemble.

Il ne s’agit pas d’être parfait, mais de progresser pas à pas, avec curiosité et bienveillance.

Chaque service, chaque laboratoire, chaque agent peut être acteur du changement, et c’est cette dynamique collective qui rend la démarche à la fois réaliste et enthousiasmante.